dimanche 6 janvier 2019

2019 : Entre consolidation du rythme et maintien des grands espoirs !



Mouvementée et parfois tumultueuse était cette année 2018 sur le plan touristique : Riche par ses enseignements, ses surprises, ses avancées et ses polémiques.
Chaque sous-secteur a marqué de son empreinte la genèse de l’année passée, cédant la place à une année 2019, par laquelle les bonnes volontés doivent être ancrées, les acquis consolidés et la vue étendue et départie de tout chiffre : Celui des 20 millions de touristes à l’horizon 2020 n’étant plus cité.
Sur le plan institutionnel et de gouvernance, l’on a assisté au fâcheux clash amenant à des clivages au sein de la Confédération Nationale du Tourisme (CNT), chose ayant provoqué des déceptions et indignations de part et d’autre : Est-ce le moment pour cela ? Le conflit d’intérêts et la crise d’egos ont été relégués au statut d’enfantillage pur. 2019 promet ardemment une mise au point de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM) par le biais de son Président afin d’asseoir une crédibilité certaine à cette entité.
Le socle de la Gouvernance n’a point été touché : en attestent la non-création de la Haute Autorité du Tourisme (HAT) et des Agences de Développement Touristique (ADT) par l’entremise desquelles sera favorisée une déconcentration juste et mesurée, on n’en a que peu parlé en 2018, ce qui laisse à dire que la priorité ne guette point à l’horizon ce chantier en particulier.
Les plateformes collaboratives pour leur part ne cessent de percer et de contribuer davantage au changement de paradigmes au sein de professions jusque-là peu structurées : Heetch, Careem pour le transport, avec Uber ayant suspendu ses activités au Royaume, et d’autre part AirBnb pour l’hébergement qui ne cesse de provoquer une ire allant crescendo chez les hôteliers.
Surprise aussi et pas des moindres, celle annoncée par le ministère de tutelle quant à la profession de guide de tourisme, là où un concours a été organisé et ouvert en vue de l’octroi d’agréments à ceux ayant des compétences acquises sur le terrain, chose qui ne fut pas pour plaire à certains qui sont montés au créneau, même son de cloche chez les voyagistes qui ont également été bouleversées en apprenant que le texte de nouvelle loi réglementant le secteur des agences de voyages a été adopté en Chambre des Représentants, et ne cessent de dénoncer le système de gradation des licences, visant la mesure dite « licence B » qui risquent de condamner l’avenir de plusieurs entités.
Le secteur hôtelier pour sa part a été étoffé d’annonces nouvelles : ONOMO, Hyatt, Hilton et Mariott entre autres, des ouvertures touchant principalement les grandes villes touristiques, et c’est chose évidente, puisque l’on n’ose pas s’implanter en sphères incertaines, et de ce fait, plusieurs autres régions sont sur la touche et ne se voient pas développées pourtant regorgeant d’un potentiel touristique attractif.
Toujours en rapport avec l’hôtellerie, et sur le plan de la formation et sensibilisation des professionnels, un dispositif important a démarqué FNIH Events cette année avec l’organisation suivie de tournées sur les principales destinations touristiques portant formations sur des aspects primordiaux liés au métier, et c’est chose louable.
Le train-train de promotion touristique s’est poursuivi au travers de l’organisation d’éductours et la participation du Royaume aux grands rendez-vous de l’industrie touristique mondiale, chose à laquelle nous nous sommes accoutumés, hormis les vibrations négatives de fin d’année liées au meurtre abject des deux touristes scandinaves, et là encore c’est la niche du tourisme de montagne qui risque d’en pâtir.
Et enfin pour ne pas faire long, j’ai gardé le meilleur pour la fin : l’aérien en l’occurrence ! Avec la démultiplication de lignes point à point et charters opérés essentiellement par les transporteurs à bas coûts (Wizzair, Transavia et Ryanair se démarquent encore), sans omettre la remarquable percée d’Air Arabia sur le créneau des vols domestiques, serrant l’étau autour d’une Royal Air Maroc qui nous a surpris par la tournure intéressante que prend son développement : Une flotte autant renouvelée et l’intégration confirmée à l’alliance « Oneworld », avec comme mots d’ordre : La qualité de service et une projection plus ample sur un marché mondial hyper-concurrentiel.
En espérant n’avoir omis aucun fait marquant de l’année 2018, et dans l’attente des chiffres consolidés et définitifs de ladite année et des évolutions marquant le secteur sur tous les plans en cette année 2019 qu’on espère meilleure !



dimanche 4 novembre 2018

Vols domestiques : L’euphorie incontestée d’Air Arabia.


Une semaine effervescente que celle écoulée, notamment marquée par les lancements officiels de nouvelles lignes intérieures point à point reliant certaines grandes villes. Ceci est de l’œuvre d’Air Arabia notamment ! 

Qui aurait donc pensé qu’Air Arabia se lancerait dans l’exploitation des lignes domestiques, voulant par ailleurs damer le pion à la Royal Air Maroc sur son propre fief à plus long terme, pourquoi pas ?

Une offensive entamée au mois de juin de l’année écoulée, avec l’annonce du vol « Fès-Marrakech » qui a surpris plus d’un ! Une ligne non-exploitée par la RAM qui, au demeurant, concentre la quasi-totalité de ses départs de vols domestiques depuis le hub de Casablanca (à l’exception du Tanger-Nador). Ce premier pas ne renseignait pas assez sur les ambitions réelles d’Air Arabia sur ce segment en particulier.

Puis advinrent entre janvier et juin 2018, les premières annonces de mise en place de vols reliant Nador à Casablanca (ligne exploitée par la RAM) en juin dernier, puis en bonne masse et de manière suivie (octobre 2018) :
·         Tanger-Fès
·         Tanger-Agadir
·         Tanger –Nador (également opérée par la RAM)
·         Agadir – Fès
·         Agadir –Rabat
·         Dakhla – Marrakech – Tanger
·         Dakhla – Casablanca (également opérée par la RAM)

Ce lot de lignes -fruit de conventions co-signées avec les Conseils Régionaux-  proposé à des tarifs attractifs (en moyenne 250 à 300 DH l’aller simple) a de quoi rendre le sourire à des passagers découragés par la tarification jugée "élevée", pratiquée par la RAM, au vu du monopole exercé sur ces vols internes depuis belle lurette, et avec à la clé et notamment un large choix de connexions et de destinations.

La réaction de la RAM ne s’est pas faite attendre, puisque tout récemment celle-ci a renforcé l’axe Casablanca-Agadir par l’injection de vols supplémentaires au tarif-annonce de 550 DH l’aller simple ! Mais peu furent séduits par ladite offre.

C’est dire que la Royal Air Maroc devra composer avec cette nouvelle donne, Air Arabia représente désormais une menace et le souci de revoir ses tarifs dans l’ensemble conditionnerait sa compétitivité sur les moyens et long terme dans un marché qui, naguère était 100% sien… !



dimanche 7 janvier 2018

Autour d’une émission : 45 Minutes – Réalités du tourisme au Maroc.

Un sujet qui se prête à une analyse à chaud, non pas rédigée sur un coup de tête, loin de là… je dirais plus qu’il m’exhorte à regagner la blogosphère - que j’ai délaissée un bon bout de temps –et y entrer par la grande porte !

2018 est là, avec ses ambitions, des prises de recul à bien des égards, et ses perspectives de croissance pour le secteur névralgique de l’économie marocaine qu’est le tourisme.

Al Aoula – à travers son émission phare « 45 minutes » - a jeté son dévolu cette fois-ci et de manière très sommaire sur les réalités du tourisme au Maroc, vécues par les professionnels du secteur à Marrakech et Agadir, qui se sont prêtés à l’illustration : Un choix que je trouve très judicieux du fait de la position proéminente des deux villes précitées dans l’échiquier touristique national notamment, et international.

L’émission en question, connue par ses enquêtes pointues, nous met au parfum des axes sommaires caractérisant le tourisme, c’est dire que l’on cherche à rapprocher le citoyen lambda d’une sphère où la spécialisation fait foi de maître-mot : Entre institutionnels, voyagistes, hôteliers, restaurateurs, transporteurs et autres guides, on ne sait plus où donner la tête tellement les actualités et informations fusent de tous côtés.

Le premier volet de l’émission s’est intéressé à l’état du secteur au niveau de la cité ocre, des investigations menées sur plusieurs fronts, à commencer par les hôteliers qui tentent tant bien que mal de faire bonne figure, en veillant au grain comme il se doit : Qualité de service (Etages/Restauration/Autres Dispositifs), accueil personnalisé et suivi des dossiers clients, un souci créé notamment à la suite des contrôles réguliers diligentés par la commission relevant de la délégation régionale du tourisme, là où on a à maintes reprises vu Mme Fadwa CHBANI IDRISSI à l’œuvre, ainsi que les services de la Police Touristique, constamment alertes à l’échelle des sites d’intérêt touristique et/ou zones connaissant une forte affluence.

Tout ceci est beau, l’aérien qui se développe bien aussi.... Nonobstant ce rayonnant tableau, Marrakech souffre encore et n’arrive toujours pas au jour d’aujourd’hui à remplir convenablement ses unités hôtelières (je parle de l’existant) et optimiser ses taux d’occupation, au mieux le mieux un chiffre de 65%, rongée par l’informel de surcroît !

Le second volet porte naturellement sur la situation prévalant à Agadir, peu reluisante, on y écoute des déclarations émanant de plusieurs corps de métiers : Transporteurs, restaurateurs, guides, bazaristes, qui s’accordent à affirmer que Agadir a perdu son lustre d’antan, et que la fréquentation a considérablement comparée à celles des années 80/90. Et paraît-il, tous accusent frontalement la formule « All Inclusive » ayant caractérisé bien des ouvertures hôtelières en moins d’une décennie, les interrogés incombent à cette formule la situation catastrophique dans laquelle patauge le secteur, qui arrive à relever timidement la tête, leurs activités étant directement affectées par ce concept, et pointent accessoirement du doigt la vétusté du produit proposé et les faibles lieux de divertissement qui s’y trouvent.

L’aérien a été peu cité dans le cas d’Agadir, pourtant il suit un développement intéressant, en revanche bien des maux se rajoutent au lot susindiqué dont les marchands ambulants/faux guides qui harcèlent les visiteurs sans vergogne et les arnaquent le plus souvent, les projets structurants (divertissement/shopping/musées) qui tardent à se concrétiser et font que l’attrait de la station repose foncièrement sur le balnéaire, le classique cliché « sea-sand-sun» persiste, et le riche arrière-pays du Souss Massa dans tout ça ? Nullement évoqué.

Sur ce dernier point, on note l’intervention de M. Fetouaki (délégué du tourisme d’Agadir) qui rassure et déclare que l’ensemble des projets devant accompagner l’essor touristique seront opérationnels tôt ou tard !

Cette émission est intéressante à regarder dans le sens où elle brosse à grands traits la situation actuelle du secteur et touche les nerfs sensibles de celui-ci, pour une meilleure appréhension de ses réalités auprès de tout citoyen.





Référence : Emission « 45 Minutes » sur Al Aoula (SNRT) / Dimanche 07 janvier 2018. 

dimanche 20 août 2017

Barcelone frappée en plein cœur !

Cette semaine ne pouvait s’écouler sans évoquer l’acte ignoble vécu par les touristes et habitants de la capitale catalane ce jeudi 17 août 2017, en pleine artère touristique de celle-ci, en l’occurrence Las Ramblas.

Las Ramblas qui est un passage obligé à Barcelone dont la notoriété n’est plus à démontrer, tellement les visiteurs s’y déversent en masse.

C’est donc un autre haut lieu du tourisme international qui se voit meurtri et tellement endeuillé, à l’instar de Paris, Londres, Nice et bien d’autres destinations prisées et reconnues pour leurs attraits.

Et l’on est en droit de s’interroger sur la conjoncture touristique qui s’imposera à Barcelone au vu de ces douloureuses circonstances : Les touristes déserteront ils ce joyau ? L’élan de solidarité subséquemment démontré par les fans de la cité espagnole à la suite de l’attentat retiendra-t-il un nombre important d’entre ceux-ci ? Les visiteurs maintiendront-ils Barcelone dans leurs programmes de voyages ou envisageront-ils de s’y rendre malgré les séquelles laissées par ladite attaque ?

Les prochains moins nous renseigneront clairement sur la situation qui prévaudra à Barcelone et partant l’évolution de ses flux touristiques.

Mais encore, faut-il admettre que Barcelone souffre de sur-fréquentation touristique et ses habitants le démontrent sans vergogne : Ce n’est pas pour autant que la présente situation siéra à leurs doléances ! C’est la perception touristique qui est en jeu, elle se doit d’être entretenue prestement et intelligemment..

Quoique personnellement, je ne crains pas trop pour le capital-marque de Barcelone, il n’en sera pas trop affecté à la longue…  


C’est surtout d’avouer que les folies terroristes meurtrières n’épargnent désormais aucune ville dans le monde ! 


Credit photo : DesignBarcelona.com 

dimanche 16 juillet 2017

Focus : Quels horizons pour le tourisme au Maroc ? (مباشرة معكم).


L’émission-débat « مباشرة معكم » datant du mercredi 12 juillet 2017 s’est intéressée à la thématique « Quels horizons pour le tourisme au Maroc ? » : Une thématique d’ordre général brassant en surface les quelques composantes de la chaîne de valeur touristique. 

Voir défiler et échanger autour de ce thème sur la chaîne télévisée 2M fait plaisir étant donné que le tourisme est peu abordé dans ce genre d’émissions.

C'est donc une remise en question du tourisme qui motive ce débat et s'impose au vu des bouleversements touchant le secteur de très près ! 

Un débat autour d’une table à laquelle furent respectivement conviés :
  v  M. Tarik SADIK : Directeur de la Stratégie et de la Coopération au Ministère du Tourisme, du Transport Aérien, de l’Artisanat et de l’Economie Sociale ;
  v  M. Samir KHELDOUNI SAHRAOUI : Président de la commission Stratégie et Investissements de la Confédération Nationale du Tourisme (CNT) ;
  v  M. Amal KARIOUN : Président de la Fédération nationale des agences de voyages du Maroc (FNAVM) ;
  v M. Mohammed NADIF : Professeur Universitaire d’Economie et Ex-Coordinateur du Master Management Hôtelier et Touristique à la Faculté des Sciences Juridiques, Economiques et Sociales de l’Université Mohammed V à Rabat.

Contrairement à ce qui était prévu, le thème choisi est donc d’ordre général (moi qui m’attendais à voir le tourisme à Al Hoceima débarquer de nouveau tellement les yeux s’y sont rivés depuis pratiquement 03 semaines). Les échanges entre les invités furent sommairement équilibrés, aussi bien au niveau du ton que légèrement au niveau de la prise de parole.

Cependant, certaines remarques s’imposent à l’esprit, notamment les deux reportages présentés dans l’émission en question : avec un flash sur le cas d’Agadir comme station balnéaire à fort potentiel,  sous-exploité et aucunement mis à sa juste valeur. Le second quant à lui s’est intéressé au Plan Azur : un pan de la stratégie touristique nationale inachevé, connaissant des échecs par-ci et balbutiements par là.

Les questions abordées concernaient pêle-mêle l’analyse de la situation du secteur du tourisme jusqu’à fin mai 2017, les leviers de promotion touristique, un benchmark avec les destinations méditerranéennes concurrentes, la gouvernance, le tourisme balnéaire, interne et de famille, les erreurs de la stratégie Vision 2020, et le partenariat public-privé.

Enfin et sur le plan de la qualité des interventions de chaque personnalité à part entière et à mon humble avis, j’avancerai ce qui suit :

  v  M. Tarik Sadik a usé de langue de bois à plusieurs coups et a fait preuve de condescendance vis-à vis des autres invités, certaines de ses réponses ne cadraient pas ou peu avec l’objet des questions. D’aucuns diraient qu’il ne peut se projeter loin dans ses réflexions vu le fait qu’il représente le Ministère et qu’il se doit de défendre les données et actions mises en place par le département de tutelle ;

  v  M. Samir Kheldouni Sahraoui, bien outillé en documents et chiffres et en gros convaincant sur toute la ligne, s’est cependant attardé sur le benchmark des destinations touristiques et a – à deux ou trois reprises- directement critiqué et/ou émis des réserves quant aux déclarations émanant de M. Tarik Sadik ;

  v  M. Amal Karioun, a pour sa part été très clair et concis dans ses jugements, sans fioritures aucunes, a sévèrement critiqué le Plan Azur et certaines pratiques promotionnelles qui pourraient être améliorées à l’avenir. A certains moments, il a fait des rappels rétrospectifs et comparatifs avec la situation présente de quelques aspects relatifs au développement touristique ;

  v  M. Mohammed Nadif : Ses propos ont été en quelque sorte les plus terre-à-terre, et touchent profondément la perception du citoyen marocain au regard du poids du tourisme et de son importance dans l'économie nationale, ceux-ci interpellent fort bien. D’autre part, on a peu remarqué ses répliques en ce qui a trait à la stratégie touristique suivie par le Royaume. 


Tout ceci pour démontrer à quel point il est si important de débattre sur le tourisme, croiser des opinions diverses sur un secteur en perpétuelle évolution, transversal, affecté aussi bien par la conjoncture économique, sociale, environnementale ou encore politique, que par les nouvelles tendances liées à la définition des loisirs et aux préférences changeantes des consommateurs de par le monde. Des émissions-débats sur nos chaînes télévisées et stations radios, s’attelant au tourisme dans toutes ses composantes même : l'opinion publique en a bien besoin, il faut en prévoir très souvent pour démystifier les faits tels qu'ils le sont ! 


Ahurissantes secousses dans le microcosme du tourisme !

La semaine écoulée n’aura pas été à 100% en pleine continuité dans le scénario phare de cette saison estivale n’étant autre que « Sauvons le tourisme à Al Hoceima », contrairement à celles ayant directement suivi Aid El Fitr, et pour cause, des éclatements divers dans le paysage touristique institutionnel national qui se sont succédés en l’espace de 05 jours (soit du 10 au 14 juillet 2017) et attisé des masses de commentaires et de réactions de part et d’autre.

Et l’on commencera avec le Président de l’ANIT, M. Jalil Benabbès-Taarji, dont les déclarations se font habituellement rares, inopportunes et tonitruantes de surcroît, et ce de l’avis de plusieurs professionnels du secteur, mais en revanche très perçantes : Dans sa dernière sortie, il fut question de passer au crible les préoccupations actuelles des acteurs du tourisme à la suite des premières réunions tenues avec le duo Sajid-Boutaleb, remettant incessamment en question la viabilité de la stratégie « Vision 2020 » et le besoin d’établir un bilan sérieux aux fins de recadrage des objectifs y afférents, les critiques les plus amères étant réservées à la fois aux défaillances constatées sur le plan de la gouvernance et sur la gestion de la chose touristique au sein de la Confédération Nationale du Tourisme . Le ton de M. Taarji fut plutôt apaisé cette fois, faisant montre d’assurance et d’une volonté affichée de collaboration pour l’avenir.

Cela dit, il n’a pas mâché ses mots quant au « désamour » voué par l’ex-premier ministre M. Abdelilah Benkirane pour le secteur touristique : Constat également et très étonnamment partagé par l’ancien détenteur du portefeuille du tourisme sous le même gouvernement, à savoir M. Lahcen Haddad, quelques jours après, teinté de beaucoup de franchise et qui a suscité bien des remous.

Si le désamour en question est plutôt lié à des questions idéologiques pour M. Taarji, la cause de ce dernier en est autrement pour Haddad : Des contraintes foncièrement budgétaires, et aucune réelle volonté pour accompagner le développement du secteur.

Est-ce Haddad qui n’a pas réussi à défendre bec et ongles la position du secteur auprès du chef du Gouvernement ? Pourquoi n’avoir pas partagé ces mêmes déclarations du temps qu’il fut Ministre et attendre la fin du mandat de son gouvernement pour enfin se prêter plus ou moins au jeu de carte sur table ? Si certains saluent cette prise de position (et rares sont-ils), d’autres n’ont pas hésité à tirer à boulets rouges sur l’Ex-Ministre du Tourisme.

Les nouveaux responsables institutionnels du tourisme n’ont pas manqué leur coup médiatique de la semaine aussi, citant en premier l’épisode « Lamia Boutaleb et les voyagistes » : Celle-ci s'étant trouvée entre le marteau et l’enclume vis-à vis de ces derniers, n’a pas hésité de prévoir des réunions distinctes autour des mêmes sujets à la fois avec le Président de la FNAVM et d’autre part avec quelques représentants d’associations régionales de voyagistes : ce corps lourdement affecté par des querelles intestines, mettant à mal son ossature et sa représentativité auprès de la tutelle. Du reste, lesdits professionnels contestent sévèrement la fameuse « Licence B » et redoutent ses effets sur leur activité, cette mesure qui pour simple rappel figure dans un projet de loi n’ayant pas été soumis à leur appréciation en vue d'apporter les amendements qui leur siéent.

Ceci sans compter la très éclatante et inattendue démission de Hayat Jabrane de son poste de Secrétaire Générale de la Confédération Nationale du Tourisme suite à une altercation avec cette même Lamia Boutaleb, Secrétaire d’Etat chargée du Tourisme, et pour cause un gros quiproquo au sujet des contrats-progrès qui devaient être à l’ordre du jour de la dernière réunion tenue par le Ministère de tutelle avec les opérateurs touristiques privés. Mme Jabrane qui en a sa claque de la langue de bois, s’attendait à un échange fructueux autour d’actions capitales et déterminantes pour le secteur, promises par le gouvernement précédent et visiblement laissées de côté par celui actuel. Amère déception pour l’Ex-SG de la CNT, connue pour être militante et très engagée en faveur des causes justes du tourisme mais surtout de la part de ses collaborateurs et amis qui n’ont pas « appréhendé » la nouvelle. Cela dit, celle assure qu’elle restera toujours présente sur la scène touristique.

De tels bouleversements ne pouvaient laisser les gros calibres de la CNT indifférents voire silencieux, c’est suite à quoi donc ceux-ci ont tenu un point de presse pour apporter les éclaircissements nécessaires sur la situation prédominant réellement à la CNT et calmer les esprits ardents : M. Kabbaj assurant qu’il n’y a pas de divergence quelconque et que la mobilisation générale de toutes ses composantes est à l’ordre du jour pour suivre de près la nouvelle feuille de route convenue avec le Ministère du Tourisme, tout en tenant à expliquer le fonctionnement des comités de pilotage et celui d’experts dans le même sens, l’occasion fut saisie aussi pour mettre en avant les performances du secteur à fin mai 2017 par M. Said Mouhid, Président de l’Observatoire du Tourisme du Maroc.

Enfin, l’on ne pourra brutalement rompre avec l’actualité à Al Hoceima, qui a pris une tournure plutôt agressive et hautement ironique cette semaine à la suite d’un autre séjour organisé par l’ONMT en faveur de quelques artistes et journalistes à des fins de promotion touristique. L’opinion publique a amplement polémiqué autour de cette initiative jugée une vraie mascarade, un gaspillage de fonds sans éventuel impact important sur le secteur, intervenant de plus au mauvais moment. Les avis demeurent partagés sur cette initiative comme c’est le cas de tout ce qui a été entrepris en faveur de la saison estivale 2017 à Al Hoceima jusqu’à ce jour. 


Riche et tumultueuse fut cette semaine pour le microcosme du tourisme au Maroc, avec ce lot d’événements, de déclarations et de prises de position qui stupéfient voire choquent ! 


dimanche 9 juillet 2017

Al Hoceima, sous les feux de la rampe !

Al Hoceima s’est incontestablement taillée la part du lion dans l’actualité touristique de la semaine écoulée.

Al Hoceima est sous les projecteurs en ce début de saison estivale, et pour cause le HIRAK !

Pas besoin de rappeler la forte mobilisation des professionnels pour ,dit-on, sauver la saison estivale 2017 à Al Hoceima, à commencer notamment et en tout début de semaine dernière par la visite de Monsieur le Ministre du Tourisme accompagné de la Secrétaire d’Etat chargée du tourisme pour recueillir les doléances des professionnels et constater de visu la situation prédominant aussi bien au niveau des sites de loisirs (notamment les plages) qu’à l’échelle des établissements hôteliers, fut subséquemment annoncé le plan d’urgence comportant des mesures à effet immédiat à même de permettre la relance touristique d’Al Hoceima.

Pour rappel, il s’agit de :
  •  Le renforcement de la desserte aérienne pour améliorer l’accessibilité de la destination : Royal Air Maroc ayant annoncé quelques jours après le lancement de ses nouveaux vols Casablanca-Tanger et Al Hoceima-Tanger à des prix attractifs ;
  •  L’accompagnement des opérateurs touristiques pour la promotion et la commercialisation de la destination au titre de la saison été 2017 : Des campagnes publicitaires exhortant les touristes à se rendre à Al Hoceima seront prochainement lancées. 

Des événements qui ont donné aussi un coup de fouet à la réalisation et accélération des chantiers touristiques et d’infrastructures en cours, avec notamment la reprise de l’ancien Club Med d’Al Hoceima (Souani) par le groupe Kenzi Hotels.

Cela va sans dire, il n’est point juste d’omettre la louable initiative de l’ONMT en faveur de la destination, ayant convié une vingtaine d’agents de voyage les 08 et 09 juillet 2017 à explorer les potentialités de la région en vue de concocter des offres diverses et alléchantes, les acteurs du digital n’ayant pas été du reste et à ce jour invités à bénéficier de ce type de séjour promotionnel (notamment les bloggeurs voyageurs), et qui pourtant sont de notoires influenceurs par les temps qui coulent. 

Toutefois, l’on est en droit de se poser certaines questions :

Les 27 MDH dédiés au plan d’urgence, comment sont-ils répartis entre les volets concernés par ledit plan ? Aucun détail ne filtre à ce jour dessus… 

Les statistiques relatives aux arrivées entre mai et juin ne sont point mises en évidence, encore moins la capacité hôtelière de la région : des informations pertinentes dont ont besoin bon nombre de professionnels du secteur.

Une campagne promotionnelle lancée en plein été : N’est-ce pas trop tard ? Pour sauver les meubles avancera-t-on ? De telles actions doivent être prévues bien des mois à l’avance…

Les premières interventions mises en action sont indiscutablement bonnes, autrement dit ces prévenances qualifiées de top urgentes n’ont été exécutées avec célérité qu’à la suite des manifestations qu’a connues Al Hoceima et qui ont entaché son image. Dans d'autres circonstances, tout ce plan n’aurait-il pas eu lieu ?

Faut-il attendre l’éclosion de grosses agitations parmi les citoyens pour s’activer ardemment pour la cause touristique ? Doit-on attendre des plans d’urgence pour faire rayonner nos destinations ?  


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    Credit photo : Les Inspirations Ecos