mardi 18 février 2020

Les slots aériens ou la commercialisation réglementée du ciel


De par le monde, la gestion de l’espace aérien aussi ficelée et bien coordonnée soit-elle, n’est pas considérée comme une véritable panacée au regard des différents parasites ou dérèglements affectant les compagnies aériennes au niveau des différents aéroports régionaux et/ou internationaux.
La gestion de l’espace aérien suit un mode opératoire technique et très compliqué, impliquant les actions communes et arrêtées des autorités aéroportuaires, des compagnies aériennes et des sociétés de handling et de maintenance, et ce en vue de la rendre aussi fluide et optimale que possible.
Dans le présent article, il sera question de s’intéresser à un volet que nous – voyageurs – considérons comme un mécanisme naturel rodé dans les coulisses de tel ou tel aéroport, scrutant indifféremment le tableau relatif au programme des vols à l’arrivée comme aux départs et se posant peu de questions sur le processus ayant mené à l’aboutissement de ce programme de vols opéré en non-stop, renouvelé le plus souvent quotidiennement en fonction des lignes aériennes en service. « Les créneaux ou slots aériens » est le concept qui sera présenté de la manière la plus simplifiée possible, à l’adresse de toute personne intéressée par l’aérien.
Pourquoi m’être penché sur ce thème en particulier ? Je me suis notamment inspiré de l’actualité ayant prévalu novembre 2019 à la suite de parution de bon nombre d’articles inhérents aux faillites de compagnies aériennes (XL Airways, Aigle Azur...) et de la concurrence acharnée que se sont par la suite livrées les compagnies concurrentes en vue d’acquérir les créneaux aériens libérés par celles-ci.
L’espace aérien dans un aéroport est donc commercialisé et monétarisé avec le pragmatisme le plus patent, assorti d’une programmation bien ficelée.
Le slot horaire correspond donc à l’accord obtenu par le transporteur pour opérer son programme de vols vers et au départ d’un aéroport donné. Il est très vital pour le transporteur en ce sens qu’il lui permet d’offrir le meilleur programme de vols (aussi bien en termes d’heures d’arrivées et de départs) et de connexions (avec les autres compagnies aériennes et les partenaires).
La définition et régulation de ces créneaux horaires se fait normalement par l’autorité qui gère l’aéroport, tenant compte de plusieurs facteurs que j’évoquerai de suite. Il convient de préciser cependant que cette régulation est validée suivant deux cas distincts :
-          Au niveau des aéroports d’envergure normale : La prise de décision et la gestion du planning se fait par l’autorité aéroportuaire sans trop de complications, compte tenu du trafic modéré dessus ;
-          Au niveau des grands aéroports internationaux : Etant donné l’encombrement important pouvant être constaté dans ces plateformes, il y a lieu de mentionner l’existence de certains « comités de coordination » qui facililent les opérations des transporteurs aériens, exigent que les compagnies aériennes transmettent leurs programmes de vols entre 2 et 3 voire 4 ou 5 mois avant le début des opérations, et in extremis décident que tout atterrissage ou décollage doit être subordonné à l’attribution préalable d’un créneau horaire, ces aéroports sont dits « aéroports coordonnés ».
Une journée ordinaire dans un aéroport donné est parcellisée en plusieurs slots aériens, pouvant être tout à fait concomitants, aux tranches horaires déterminées pour les arrivées aussi bien que pour les départs.
L’attribution des slots à une compagnie aérienne désirant opérer dans un aéroport donné requière l’indexation et l’application de redevances (taxes) au transporteur en question, collectées par l’autorité aéroportuaire en fonction du créneau dans la journée. Les slots sont facturés en fonction des périodes choisies :  les matins et après-midi sont plus chers et plus attrayants que les soirs et aube pour une compagnie aérienne donnée, surtout lorsqu’il est question d’opérer dans un aéroport hautement prisé.
Si l’on consulte un programme ordinaire de vols sur l’Aéroport Mohammed V de Casablanca, on retrouve généralement la prévalence de certains transporteurs aériens sur la journée comme suit, je prendrai l’exemple des vols de départs, cela vaut également pour les vols en arrivées :
-          Départs (de 06H00 à 18H00) : Royal Air Maroc, Emirates, Air France, Etihad Airways, Iberia, Turkish Airlines, Egyptair, Air Arabia (qui perce bien) etc...
-          Départs (de 18H00 à 06H00) : Lufthansa, Saudia, Pegasus Airlines, Alitalia, Royal Air Maroc (pour les vols d’Afrique Subsaharienne) etc...
Certaines compagnies assument les choix de certains créneaux, notamment si des connexions en continuation sur d’autres destinations long courrier depuis leurs hubs respectifs s’impose (Lufthansa avec son hub à Francfort notamment pour les vols en continuation sur le continent américain).
Les compagnies low-cost pour leur part, s’orientent généralement vers des aéroports moins prisés à l’international et présentant un choix plus étendu en termes de créneaux proposés et à des tarifs plus abordables (citons notamment les aéroports de Fès, Rabat et Agadir entre autres).  
Des créneaux horaires concomitants (même tranches horaires ou rapprochées) peuvent être attribués à une même compagnie aérienne, et dans plusieurs plateformes, l’on donne la priorité à la compagnie nationale pour préserver au maximum son rang et ses intérêts, comme c’est le cas de la Royal Air Maroc au niveau des différents aéroports nationaux (notamment sur les vols à l’étranger) bénéficiant des créneaux les plus optimaux en termes de connexions et de visibilité.
Un slot horaire ne peut être opérationnel qu’après autorisation de l’aviation civile après réception du programme de vols. L’aviation civile consulte d’autres entités pour se rassurer que le programme ne crée pas d’embouteillages pour les atterrissages et décollages.
Et de souligner que l’attribution du slot à une compagnie se fait aussi en étroite coordination avec la société de handling qui doit absolument indexer son planning sur celui de l’aéroport afin de déployer au mieux ses équipes sur la journée et de gérer les bagages de vols au départ comme à l’arrivée des transporteurs avec lesquels elle est conventionnée. Sans omettre également la disponibilité de positions de parking des appareils dans le tarmac, en fonction de leurs tailles et des redevances payées, figurant dans le contrat liant la compagnie à l’autorité aéroportuaire.
Et enfin – et cela vaut pour les compagnies aériennes régulières- l’obtention de slot dans les délais dépend de plusieurs facteurs dont le planning, comme précédemment indiqué, mais surtout la bonne relation client-fournisseur (client fidèle, payeur dans les délais, respect des clauses des contrats…).
Au final, il y a eu de signaler que je me suis uniquement limité à la présentation d’une synthèse sommaire ayant uniquement trait aux slots horaires.
Les slots pétroliers, de catering et de maintenance y sont liés mais requièrent une analyse à part entière requérant la mise en avant d’éléments beaucoup plus techniques et enchevêtrés.
Credit photo: L'Echo Touristique. 



dimanche 12 janvier 2020

La télé-déclaration hôtelière au Maroc ou l’écume d’ondes sans retour !


D'intermittentes annonces en grande pompe, un brin d’espoir scintillant pour le secteur du tourisme au Maroc matérialisé par l’amorce d’un virage nouveau en termes de digitalisation.

La télé-déclaration des nuitées hôtelières n’y échappe pas et se trouve même être mise sur les devants de la scène en ce qui a trait à ce volet. L’annonce de cette décision a suivi un tracé assez particulier que voici :

2014 a vu naître les premières déclarations suivant des réunions attenantes au sujet, menées par les professionnels du secteur, 2015 sera marquée par la publication sur le Bulletin Officiel de la Loi 80-14 (relative aux établissements touristiques et aux autres formes d’hébergement touristique), puis aucune communication autour jusqu’en 2017, année de parution de cette décision au Bulletin officiel n°6555, par laquelle les professionnels sont enjoints à adhérer au système en remplissant un formulaire sur le site: www.stdn.ma.

Silence radio en 2018, puis retour de cette actualité en l’été de l’année 2019, où est remarquée l’obligation pour les professionnels de l’hébergement touristique de télé-déclarer les nuitées sur le nouveau portail, et hop ! L’on ne croise plus d’articles ou de retour dessus !

La sauce n’a-t-elle pas pris ? Pourquoi l’opinion publique ne s’est-elle pas penchée de nouveau sur le sujet et enquise de l’avancement du procédé ?

Aucun recueil d’avis des professionnels n’a été mis en avant le long de cette période, quelles impressions pouvons-nous déceler ? Personne n’est en mesure de le savoir.

Y a-t-il de l’engouement pour cette plateforme ? les professionnels de l’hôtellerie se sont-ils inscrits en masse ou peu sur la plateforme électronique ? De quelle manière et dans quelles circonstances s’opère la migration du manuel vers ce système ? Cette transition est-elle voulue à la base ?

Inutile de ressasser les bienfaits de ce système en terme de sécurité des données, étant relatés dans tout article s’intéressant au sujet. Pour ce qui est de la fiabilité de celles-ci en revanche, il va falloir remettre en question l’authenticité des données saisies manuellement par plusieurs responsables d’unités d’hébergement touristique qui ne sont même pas sensibilisés sur l’intérêt crucial que revêt ladite action. Le résultat en est que sur certaines régions, les statistiques s’y trouvent assez faussées.

Et de rappeler à la fin que les 4 acteurs intervenant de plein cran dans ce processus sont : Le Ministère de l’Intérieur, le Ministère du Tourisme, la Direction Générale de la Sûreté Nationale (DGSN) et la Gendarmerie Royale : Chaque entité appréhende-t-elle réellement son rôle dans cette chaîne digitale ? Chaque acteur est-il suffisamment informé et formé à la télé-déclaration ?

L’ombre de craintes plane encore sur le sujet…Une écume totalement obscure, délicate à démêler.

En attendant de voir surgir une enquête afin d’élucider la suite donnée au process !


Credit photo : L'Economiste.

mercredi 23 octobre 2019

Le marketing latent du tourisme de montagne : Des égéries pour un attrait sensationnel ?


Je rebondis de nouveau sur la suite de cette belle histoire en communion avec la nature, où le plaisir de découvrir des sites d’intérêt touristique hors des sentiers battus prévaut largement.

Poursuivons notre focus sur le tourisme de montagne en abordant d’autres aspects plus techniques et relevant indirectement de l’essence du marketing, considérant cette activité à proprement dit comme niche.

Ce ne sont pas les escapades familiales ou entre amis à Ifrane City ou à Chefchaouen dont il est objet dans cet article : loin de là ! Il s’agit de tout ce qui a trait à la mise en avant des confins les plus méconnus de plusieurs régions ! 

Hautes vallées, montagnes, oasis : Le potentiel est là ! De quoi faire jubiler tout redoutable aventurier ou passionné des découvertes naturelles inouïes.

Le tourisme de montagne comme niche est foncièrement rattaché à la notion de défi, sans pour autant l’assimiler au paroxysme d’activités de sports extrêmes, le trekking sous ses formes multiples y tend.

Chercher à valoriser cet aspect est chose peu commune, et se prête rarement au jeu des stratégies marketing classiques et bien usitées : c’est un peu le fruit d’une spontanéité acquise au fil du temps par une communication intelligente et par le cumul d’expériences, ce dernier doit être mis à profit de sorte à contribuer amplement à faire valoir le côté « durabilité de l’expérience touristique en montagne ».

Revenons-en aux défis des montagnes et à la communication autour : Avec la prolifération des organisateurs d’excursions et de randonnées sur les réseaux sociaux et l’adhésion de plus en plus de marocains aux circuits suggérés, notamment ceux et celles férus des escapades en pleine nature et autres désireux de s’offrir des expériences touristiques hors-pair, les ascensions de montagne trouvent une place de choix dans ce mini-système révolutionnaire.

Les programmes y afférents sont souvent remis au goût du jour et adaptés en fonction des saisons, trouvant un engouement particulier chez cette cible. Ira-t-on loin jusqu’à affirmer que des rendez-vous sont fixés tenant compte des saisons et des mois pour venir à bout de ces challenges (les verdoyantes montagnes du Rif au printemps, le Haut-Atlas en pleine période hivernale ou en été, quelques sommets difficiles convoités en été, ceux du Moyen-Atlas qui peuvent être visités toute l’année…).

De plus, ce ne sont seulement et pas seuls les lieux qui comptent, la nature de l’attrait exercé sur ceux-ci favorise le bouche-à-oreille et les retours d’expérience qui en résultent peuvent en attester.
Les personnes aussi comptent dans cette sorte de marketing latent caractérisant le tourisme de montagne, certains randonneurs se distinguent du lot en se positionnant en précurseurs sur des initiatives particulières ou sur des challenges déterminés. Citons-en des exemples pour illustrer au mieux ce propos :

  • Vouloir effectuer une traversée de 15.000 KM à pied entre vallées et montagnes, se faire rudoyer dans de délicates épreuves d’ascension pour démontrer à quel point nos chaînes montagneuses sont riches en sommets méconnus, pouvant servir de base aux programmes de trekking, c’est un peu le but recherché par Hakim qui dispose d’une page Facebook lui servant de tremplin à cette fin ;
  • Faire rayonner des sites naturels et les plus belles mosaïques offertes par nos montagnes en adoptant un style vestimentaire attrayant et hors du commun : C’est le choix porté par Fahd, qui n’hésite point à ramener parmi ses affaires la « Djellaba », qu’il enfile lors du moment de gloire, celui de la réussite du défi, une autre perspective poussant potentiellement les gens à envier l’intéressé dans le décor qu’il présente et partant le rejoindre dans ses périples ;
  • Aller au-delà de ses limites et oser des combinaisons de circuits de montagne « hard » et inimaginables, alliant ascensions de montagne et autres activités parallèles, c’est un peu le trip proposé par Youssef. De même qu’être constamment à l’affût de conception de programmes nouveaux, variés et attrayants, joignant l’utile et l’agréable et offrant une diversité de destinations tout aussi étonnantes avec la clé de riches descriptifs sur la géologie, l’histoire et la topographie des sites visités, font partie des objectifs suivis par Abdellah, Houria, Ismail, Mustapha... et bien d’autres randonneurs aguerris ;
  • Identifier les sommets de montagne et leur attribuer toute la valeur touristique qu’ils méritent à travers à la mise en place de panneaux hérissés aux pics est une lourde tâche et responsabilité que prend sur lui Mohsin, qui n’hésite aucunement à mettre sa passion pour la montagne à l’épreuve en déployant temps et énergie considérables afin d’embellir proprement des sommets intéressants à braver, encore-faut-il que les matériaux soient respectueux de l’environnement (plaques et signalétique en bois) .
Et les exemples pourraient être multiples dans ce sens : La voie de la montagne et l’amour qui lui est porté ouvre des brèches intéressantes et débouche sur des initiatives à même de valoriser le potentiel existant et inviter les férus de trekking à faire du tourisme en montagne en parfaite harmonie avec la fibre durable qui lui incombe : Respect de l’environnement, communication saine et pertinente autour des sites visités, partage des retours d’expérience et découvertes pouvant attirer des voyageurs potentiels,  immersion dans le territoire et échanges avec la population locale.
Trop beau mais très vrai en même temps.

Dans l’espoir de voir ce tourisme de montagne à fort arrière-goût se pratiquer dans les règles les plus nobles de l’art !




dimanche 20 octobre 2019

Wanderlust consacre un guide marocain pour la 3ème fois de suite !


Dire que le savoir-faire de nos guides marocains arrive à être reconnu à l’international est chose vraie !

Dire que trois consécrations de suite passeraient inaperçues relèverait complètement de l’absurdité ! 

Affirmer que le fait que nos jeunes compétences s’appliquent avec ferveur dans le métier de guide de tourisme peut donner des fruits est chose inexorable !

Croire que leur aura franchirait les frontières ne saurait être mis sur le compte de l’impossible !

C’est une belle histoire - tissée par le magazine de voyages londonien « Wanderlust » - qui creuse son léger cours en lettres d’or dans le métier de « guide de tourisme »et s’offre à nous dans de belles étoffes, et dont les héros changent et se succèdent au fil des années : Khalid Lamlih en 2017, Abderrahim Oukioud en 2018 et Ismail Ingroui en 2019 !

Tenues le 2 octobre dernier, les « World Guide Awards » ont consacré du bronze Ismail, reconnaissant son sérieux et le punch qu’il met au quotidien pour faire valoir au mieux l’image touristique de son pays.

Natif d'Azilal, Ismail décroche son diplôme du Centre de formation des guides de montagne de Tabant (région d'Ait Bouguemez), et entame une longue carrière dix ans dans le métier, si bien qu’il sillonna plusieurs contrées de notre pays et devint polyglotte par la même occasion.

Ses fortes connaissances en us et coutumes des régions visitées, de leur histoire, en sus des qualités précitées ont convaincu le jury des World Guide Awards de le parer de cette tant lorgnée médaille, sachant que les prétendants au titre se comptent dans les 4000.

Ses périples à l’international, rendus riches par l’apprentissage continu de langues auquel il tient, lui ont valu l’admiration des voyageurs qu’il côtoie et de ses propres clients.

L’ouverture d’esprit, la soif d’en savoir plus sur les cultures du monde, l’humilité, et la touche personnelle racontée par chacun des voyageurs ayant accompagné Ismail lui ont rehaussé la cote auprès de Wanderlust.

C’est dire que les retours d’expérience positifs comptent de plus en plus dans l’avis et recommandations des touristes, les réseaux sociaux, blogs et autres sites de voyageurs favorisant la communication dessus. Ismail ne démérite pas alors, souhaitons-lui bon vent !




dimanche 13 octobre 2019

S’adonner à la randonnée : Quand le plaisir de découverte et la fibre communautaire ne font qu’un !


Loin des thèmes clichés tirant trop sur l’actualité du secteur ou liés à l’industrie touristique dans ses concepts les plus lourds et basiques, permettons-nous d’ouvrir de temps à autre des brèches à même de mettre en avant des concepts/niches susceptibles d’attiser la curiosité de plus d’un.

Je décide donc d’aborder (loin d’être un simple coup de tête) le tourisme de montagne en deux articles complémentaires, de manière très portée sur les tendances le marquant. Le be à ba n’y sera donc point de mise.

Ce premier article analyse de près la vague nouvelle marquant le tourisme de montagne et l'engouement qu'il suscite de plus en plus auprès de nos compatriotes. 

En zones périphériques ou étendues de forêts proches des grandes villes, en montagne, en vallée, plaines, ou en bord de mer, la randonnée pédestre a été de tout temps pratiquée par les marocains, à des fins sportives ou exploratoires. Des petits groupes d’excursionnistes se formaient dans le temps et entreprenaient des voyages pouvant s’étaler sur une semaine, voire 10 jours, ou à la limite concerner une fin de semaine, essentiellement pour le plaisir de marcher mais aussi de sortir des sentiers battus ou de s’ériger au rang de pionniers dans la découverte de trésors naturels méconnus.

Ce n’est qu’au début des années 2000 que l’on voir éclore un peu plus d’initiatives du genre, le filon le plus apparent et prisé étant les courtes escapades aux alentours des agglomérations, ce qui n’est pas pour déplaire aux plus frileux ou à ceux qui souhaitent se ressourcer à deux pas de chez eux.

La vulgarisation avant la venue des réseaux sociaux (notamment Facebook) a été très timide, à la faveur de simples groupes d’amis qui s’organisaient au mieux le mieux pour profiter à bon escient de leurs weekends, et partant tissaient d’étroites relations avec les populations visitées et les guides locaux.

Ce champ ne sera plus qualifié de limité compte tenu de l’importance de l’effet « bouche-à-oreille » qui créa des tentations au fil du temps, des connaissances géographiques auxquelles on s’intéressa davantage en vue de la création de circuits, sans compter les affinités entre  participants.

L’arrivée des réseaux sociaux s’apparente à un gros typhon mettant sens dessus dessous toute initiative dite conventionnelle : C’est ainsi que la communication autour des programmes de randonnées a pris telle ampleur que l’on voit resurgir plusieurs groupes et pages d’organisateurs d’excursions au Maroc, avec à la clé des tarifs abordables, des circuits insolites, des sites méconnus de plusieurs qui demeurent finalement accessibles, des activités variées (trekking, randonnée, parapente, plongée sous-marine, détente en pleine nature, parachutisme, escalade…), offrant une panoplie de choix de programmes aux intéressés.

C’est cette multitude de passionnés confirmés qui a permis de former une communauté importante sur les réseaux sociaux partageant le plaisir de randonner et de sortir des sentiers battus.

Fuir la routine y est pour quelque chose aussi : Le stress au quotidien vécu par plusieurs individus – qui n’hésitent plus à le déclamer haut et fort -  les poussent à casser le rythme en fin de semaine en optant pour de courtes escapades offrant à la fois détente et découverte de milieux et de régions nouvelles, à divers degrés de difficulté tenant compte de la nature du circuit et des sites à visiter (ascension de montagnes, exploration de vallées, escalade…).

Les retours positifs que les randonneurs font de leurs expériences de voyages joue en faveur de l’élargissement de cette communauté, appuyés en cela par des prises de photos de sites naturels ou tout bonnement de selfies.

D’autre part, le fait de se rendre dans un territoire à zones souvent enclavées implique de prendre attache avec la population locale et les guides relevant desdites régions afin de collaborer en vue d’aider à tracer les circuits de randonnées. Ces populations vivent souvent dans la précarité à dire vrai, et espèrent qu’à travers les visites multiples et incessantes que font les randonneurs pourraient trouver écho auprès des responsables de ces territoires, à des fins de développement socio-économique.

Et à la faveur de cet objectif, rendu plus perceptible après la malencontreuse catastrophe d’Anfgou (mort d’enfants par le rude froid hivernal en 2006), plusieurs initiatives ont trouvé répondant par la suite pour venir en aide aux plus démunis se situant dans les zones enclavées, en leur prodiguant vêtements et vivres.

C’est ce déclic-là qui a ancré la fibre communautaire dans les excursions. Les organisateurs y furent davantage sensibles et n’hésitèrent pas à programmer des éditions spéciales en prélude à la saison d’hiver ou à la rentrée scolaire, et se permirent même d’offrir des programmes alliant plaisir de découverte d’une région nouvelle et mise en œuvre d’actions sociales au profit des populations visitées.

Fournitures scolaires, vêtements, couvertures, vivres : Les besoins sont cernés par ces volontaires qui n’hésitent pas à faire des repérages à la fois pour tracer les circuits et identifier et recenser par-là même les cibles nécessiteuses. Ces initiatives prennent plus d’ampleur et peuvent porter sur des projets plus conséquents (construction d’écoles, de mosquées, de pensionnats, de centres d’éducation non formelle…) et bien d’entre elles ont pu être concrétisées et permis d’apporter satisfaction et sourire aux populations hôtes.

Une euphorie donc qui aide le marocain à découvrir au mieux son pays et offre un plaisant dépaysement !

Ne sont-ce que les étrangers qui connaissent le Mont Akioud, l’Oasis d’Ait Mansour, ou Jbel Tidghine?

Grâce à la mise en place de ces programmes divertissants, on croise de plus en plus des groupes hétérogènes, ceux quêtant les défis de l’ascension, d’autres voulant se dégourdir les jambes et prévoir des actions solidaires, ou encore ceux avides d’aventure et explorant les sentiers les moins praticables !

Une euphorie qui s’est malheureusement refroidie au Maroc après l’exécution des deux touristes norvégienne et danoise à Imlil le 17 décembre 2019… Mais semble-t-il remonte la pente doucement et sûrement.

D'ailleurs, on remarque sur les pages "Facebook" d’amateurs et de passionnés de cœur combien de zones furent sillonnées. La flamme passionnelle chez les randonneurs est bien ancrée dans leurs cœurs, une joie que de se jeter dans les bras de Mère Nature et d’y couler de bienheureux moments.





Credit photo : Amouddou - Houria Travel & Events. 

jeudi 10 octobre 2019

Nomination de Mme Nadia Fettah Alaoui : Onde de choc ou quand les opinions fusent dans tous les sens !


Une onde de choc frappe le parterre des professionnels du secteur du tourisme !

Bouche-bée ! Pantois ! Telle fut l’attitude des professionnels du secteur du tourisme à la suite de la nomination inattendue de Mme Nadia Fettah Alaoui au poste de Ministre du Tourisme !

Un profil qui a échappé à tout pronostic et mis à mal les espoirs fondés par quelques-uns d’entre eux sur l’assurance à prodiguer en faveur de ce secteur névralgique de l’économie nationale, relevant particulièrement le cadrage des objectifs et la mise sur les rails de certains chantiers.

De l’assurance au tourisme ? Oui.
De Saham Group au Ministère du Tourisme ? Affirmatif.

Dans cette courte chronique, je me suis permis de glaner et d’analyser au mieux les réactions émises par les professionnels du

D’aucuns diraient que Mme Nadia Fettah, ayant évolué et fait ses preuves sous d’autres cieux, a débarqué dans l’univers du tourisme de manière tout à fait impromptue pour un mandat d’à peine 2 ans.

Loin du parcours de Mme la Ministre, mis sous la loupe par les professionnels du tourisme et déçus de ne trouver aucune touche tirant sur le tourisme, un autre facteur a spécifiquement suscité l’ire de plus d’un : L’appartenance politique !

Etant donc RNISTE, le lien a été automatiquement dressé avec M. Moulay Hafid Alami : ayant fait carrière tous les deux à Saham Group, et donc sous certains angles, le rapprochement naturel de ces derniers a fait valoir le profil de Mme Nadia Fettah comme ministrable, et donc s’est vue octroyer le département du tourisme.

A la question de savoir si des perspectives intéressantes seraient à l’honneur d’ici à 2021, il n’est pas à omettre que Mme la Ministre va opérer sur un terrain défriché, assez comblé de problèmes et de dossiers suspendus qu’il faudrait résoudre et liquider intelligemment et au mieux. Le chemin parcouru par Monsieur Sajid et Mme Boutaleb (Avril 2017 – Octobre 2019) a connu plusieurs embûches, zones d’ombres et points noirs que Mme Nadia Fettah est vivement appelée à éclaircir, évincer et résorber.

Les professionnels du tourisme pourraient se consoler de ce vœu – d’emblée et à leurs yeux pieu- de ressentir que la place prépondérante de ce secteur doit lui revenir et que les futures réalisations marqueront de leur plein gré cette volonté de prospérer sainement et d’aller de l’avant.

Les chiffres devront suivre cet élan, et la qualité de l’expérience touristique avec.

Mme Nadia Fettah aura certainement besoin de temps pour s’acclimater au secteur et en saisir les tenants et aboutissants, comme le furent d’ailleurs, Sajid, Boutaleb et même Adil El Fakir (ONMT) : Une période qui ne devra pas être longue toutefois !

Concomitamment à tout ceci, tirer à boulets rouges sur Mme Nadia Fettah du premier coup n’est pas chose appréciée :  laissons-lui le temps d’agir, de faire ses preuves et jugeons ce qui en résultera.

Credit photo : Press Reader



dimanche 29 septembre 2019

La chute de Thomas Cook sonnerait-elle le glas du « Tour-Operating » mondial ?



2 siècles de voyages qui prennent fin comme ce brin de poussière emporté par le vent, Thomas Cook s’en donc allé à vau-l’eau !

Qui aurait songé qu’un jour et de façon tout à fait impromptue (à en croire les déclarations de presse), Thomas Cook retrouverait une faillite aussi lourde et irrémédiable ?

Qui croirait que le plus ancien voyagiste au monde allait chuter brutalement ? Celui qui inventa le modèle de « tour-opérateur », gestionnaire de produits touristiques, qui concrétisa le rêve de plus d’un à profiter de séjours concoctés en chaîne réglée de bout en bout, et par là-même révolutionna le secteur du tourisme et des loisirs à travers le monde par la mise en place de ce modèle à l’international, conférant au tourisme un sens tout nouveau.

Ayant débuté vers la fin du XIXème siècle par des circuits à l’intérieur du Royaume-Uni prenant départ de Londres, il s’est entendu à travers l’Europe et couvrit plusieurs pays et destinations touristiques en y implantant des agences, jusqu’à la création de filiales (la compagnie aérienne Condor, Thomas Cook France, Thomas Cook Belgium, Thomas Cook UK…) : Dire l’empreinte qu’il aura marquée de son avènement sur le tourisme mondial.  

Soit dit en passant, n’y avait-il aucun signe précurseur à cette faillite ? Pourquoi n’avoir pas mis suffisamment d’emphase sur les précédents faits jusqu’à éclatement de bulle ? Pourquoi ne pas avoir pris la peine de retracer un peu les derniers parcours, réalisations stratégiques et autres déconvenues financières de ce groupe avant cette malencontreuse fin ? Un tremblement de terre de magnitude 7 injustifié !

Il suffisait d’établir les liens nécessaires pour donner un sens logique à cette chute, pour qu’elle ne demeure plus aux yeux de tous aussi brutale, et frontale.

Avant de s’y attarder dans cet article, prenons la peine de retracer un peu ce qu’il en coûte chez les pays au niveau desquels Thomas Cook a pris des engagements en matière de programmation touristique (packaging complet), quelques chiffres glanés par-ci par-là :

-           Maroc : 20 millions de Dollars, 100.000 clients de perdus (selon l’agence Reuters) ;
-           Espagne : 200 millions d’Euros (selon la confédération hôtelière espagnole Cehat) ;
-     Tunisie : 60 millions d’Euros (selon l’Union nationale de l’industrie hôtelière de Tunisie (UNIH) ;
-          Chypre : 50 à 60 millions d’Euros (selon Euronews) ;
-          Egypte, Grèce, Bulgarie sont durement affectés aussi (absence de chiffres officiels à l’heure qu’il est), sans omettre que la filiale du voyagiste en France « Thomas Cook France » a déposé son bilan et est donc en cessation de paiements.

Pour tisser un peu la toile ayant débouché sur cette banqueroute, revenons aux années 2007/2008 marquées par beaucoup d’instabilité chez le groupe : D’une part des acquisitions stratégiques tel fut le cas de Jet Tours (racheté à Club Med alors en difficulté), ou d’autres qui le sont peut-être moins, tel son concurrent MyTravel -qui était en rouge-  avec lequel il a fusionné tout de même en 2007 et dont il a hérité les dettes.

Celles-ci prenaient de l’ampleur à compter de 2010/2011, et pour causes essentielles la rude concurrence menée par les OTA et autres sites de voyages en ligne qui détournèrent petit à petit l’intérêt et les comportements d’une clientèle traditionnellement orientée vers les Grands T.O, et ce davantage à la recherche de tarifs plus abordables sur le net avec la profusion de comparateurs de prix et de plateformes de réservation. Internet est devenu au fil du temps une vitrine offrant tous les produits touristiques que peux solliciter le client, en un clic ! Chose qui mis à mal les Tour-Opérateurs en général qui tentèrent de promouvoir les voyages à forfait en explorant des destinations nouvelles et attractives en plus d’une programmation plus intelligente en termes de saisons.

L’arrivée du Brexit a amplifié les choses et compliqué la tâche à Thomas Cook de se délester de ses dettes qui allèrent crescendo, l’opérateur continua sur son modèle sous un ciel gris, dans ce navire réunissant toutes ses filiales (la compagnie aérienne Condor, Thomas Cook UK, Thomas Cook Beligum etc..), avançant avec beaucoup d’incertitudes pour l’avenir.

La cinglante réapparition de Thomas Cook s’est faite donc au premier semestre de l’année en cours, avec une déclaration choc : 1,5 milliards de livres de dettes pour un chiffre d’affaires de 10 milliards de livres, une perte abyssale difficile à absorber à priori !

Jusqu’à l’arrivée du Groupe chinois « Fosun International » vers la fin du premier semestre 2019, en qui les espoirs furent en partie placés : 450 millions de livres prêt à être investis pour acquérir au moins 75% des fonds propres du voyagiste groupe (sous réserve de l'obtention des autorisations anti-trust) et 25% de la compagnie aérienne. D’autres part, 450 millions de livres supplémentaires auraient été investies par les créanciers de Thomas Cook (banques et actionnaires), en convertissant leurs dettes afin d'acheter 75% de la compagnie aérienne et 25% de l'activité de tour-opérateur.

Le coup de massue est tombé vers la fin du mois de septembre lorsque des créanciers de l’opérateur ont demandé de trouver 200 millions de livres supplémentaires pour valider le plan de sauvetage proposé par le chinois « Fosun » de 900 millions de livres. Rien n’en fut après des négociations marathon.

Un pionnier du voyage à forfait s’écroule donc, et remet en question la survie du modèle de « Tour-Operating », l’opacité commencera désormais à ternir de plus en plus l’univers des voyagistes !

Nonobstant le fait que le terrain soit libre désormais pour les concurrents de tout temps du défunt Thomas Cook, à savoir FRAM, et TUI : Ce dernier ayant sauté sur l’occasion et profite du fait que les clients lésés aient recours au « Fond de Garantie Voyages » pour se voir remboursés à priori, TUI intervient donc pour leur permettre de réserver un séjour avec déduction des montants déjà versés à Thomas Cook, et par ricochet s’occupe entièrement de la gestion administrative du recouvrement auprès du « Fonds de Garantie Voyages ».

Une telle solution « provisoire » permettra-t-elle à TUI de prospérer, compte tenu de cette morose nouvelle ? Internet ne fait que des émules et les promotions dessus sont légion, à la longue, le modèle économique de Tour-Opérateur n’en est-il pas menacé ?

FRAM et TUI doivent-ils s’inquiéter malgré le fait que leur modèle financier soit plus sain que l’était celui de Thomas Cook ? Doivent-ils se réjouir de voir un gros concurrent historique tomber d’un bloc ? Je préfère ne pas me hasarder en conjectures et voir ce que l’avenir portera.